
Spécificités de la Gestalt thérapie
Origine du terme et du courant
« Gestalt » signifie en allemand « mis.e en forme », dans le sens de « structuré.e », « façonné.e ». Ce courant de psychothérapie a été initié dans les années 50, notamment pour se distinguer de l’approche freudienne. C’est une thérapie relationnelle, pragmatique, ancrée dans le réel et le présent.
La Gestalt thérapie intégrative
La version que je pratique est la Gestalt thérapie intégrative (GTI). L’approche intégrative consiste à intégrer à une méthode centrale des éléments d’autres champs d’expertise ( ex : en GTI, nous intégrons à la Gestalt des éléments des neurosciences, de la psychanalyse, de la méditation…). Le but est de proposer un accompagnement le plus complet possible.
Psychothérapie et philosophie de vie
La Gestalt fait partie des psychothérapies humanistes. Cette approche considère l’être humain comme acteur.ice de sa vie, capable de la changer. L’approche humaniste pense que les individus tendent fondamentalement vers le développement, le sens et la créativité.
Une approche centrée sur la personne …
C’est l’expérience, la réalité particulière vécue et racontée par le/la client.e qui est au cœur de la thérapie, qui en est le matériau de base.
… dans son environnement
En Gestalt, le/la thérapeute s’intéresse à la personne en lien avec les différents secteurs et expériences de sa vie. Cette méthode a une dimension sociologique : c’est une thérapie de la relation dans un sens large.


La Gestalt : thérapeutique et politique
Autonomie et pouvoir d’action
Le but de la Gestalt est de permettre à la personne en thérapie de retrouver son pouvoir d’action. Ce positionnement en fait déjà une thérapie engagée et donc politique.
Le cheminement gestaltiste passe par une bonne connaissance de soi car nos pensées et fonctionnements intériorisés influent sur nos choix et nos actions.
Mais la Gestalt prend aussi en compte l’impact de l’environnement sur la personne : dans certaines situations, les individus n’ont pas la main sur ce qui leur arrive. Reconnaître cette dimension permet de ne pas ajouter de la culpabilité (de ne pas « s’en sortir ») et de limiter la reproduction de dynamiques sociales oppressives.
Dès les origines
Cette dimension politique de la Gestalt est présente depuis sa genèse. Ainsi le formulait Laura Perls, l’une des fondatrices du courant :
« Je crois que le travail que j’effectue est un travail politique. Quand j’œuvre avec les gens pour qu’ils pensent d’une manière autonome et s’extraient de la confluence avec la majorité, il s’agit d’un travail politique.»
Laura Perls, co-fondatrice de la Gestalt-psychologie
Ici et maintenant
La technique gestaltique se pratique au présent. Le duo thérapeute-client.e peut être amené à évoquer le passé, mais uniquement dans le but d’éclairer l’actualité de la personne, de comprendre comment ses réactions et sa vision du monde actuelles se sont construites.
Dialogue et co-construction
Les échanges thérapeute-client.e sont actifs, plus proches d’un dialogue qu’en psychanalyse. Le/la thérapeute peut faire des retours, donner des impressions, proposer des éclairages et même, si c’est utile, faire des partages d’expérience.
Une posture active
La thérapie est considérée comme un ouvrage mené à quatre mains, une co-réalisation. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on parle de client.e.s (actif.ve.s) et non de patient.e.s (passif.ve.s) Toute décision est toujours prise dans l’intérêt le plus élevé du/de la client.e.
